Désigné pays d’honneur au 29ème Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), le Tchad prend part du 22 février au 1er mars 2025, à cette grande messe du cinéma et de la culture. Cependant, la composition de la délégation tchadienne qui a effectué le déplacement au Burkina-Faso dans le cadre de ce festival, laisse à désirer. Le ministre de la Culture et sa clique se sont taillés les meilleures places pour se rendre à Ouagadougou, au détriment des vrais acteurs et artistes du 7ème art. C’est une honte pour le pays !
Du jamais vu, dans l’histoire culturelle du Tchad, des gens – pour la grande partie des profanes de la chose culturelle, particulièrement du cinéma – se sont choisis pour aller défendre les couleurs nationales au-delà de nos frontières. Si par le passé l’on critiquait le manque d’appui du département en charge de la culture aux artistes, cette fois-ci, c’est encore bien plus grave. C’est dommage pour les amoureux de la culture, des patriotes qui espèrent entendre raisonner l’hymne national dans de tels festivals internationaux.
Il n’y a pas assez de mots pour décrire ou qualifier ces acteurs culturels tchadiens et la somme colossale – du contribuable tchadien – qui a été déboursé pour participer à cette rencontre de Ouagadougou. Bien qu’il y ait parmi cette délégation quelques rares artistes et acteurs que ce soit du livre, du cinéma ou du théâtre, le constat est que le ministère a royalement ignoré les vrais artistes et acteurs culturels qui ont commencé à faire des œuvres qu’ils doivent présenter au FESPACO. Pour quelle raison, l’on ignore, mais on espère que lors de son bilan, le Ministère de la Culture nous fera part de ces motivations.
Revenons à la composition de cette délégation tchadienne ! Plus de 200 personnes ont été coptées par le département de la culture et des arts. Sur ces individus désignés, l’on retrouve à majorité des ‘’tiktokeurs’’, des ‘’influenceurs’’, des griots du Chef de l’Etat et le plus ahurissant, c’est la présence des journalistes qui n’ont jamais participé ou ayant fait la promotion de la culture du cinéma au niveau national. Pourtant, pour ce festival, le Tchad devrait présenter 72 artistes toutes catégories confondues pour défendre les œuvres, les sketchs, les scènes, les films et autres catégories inscrits dans le programme du FESPACO.
Selon des sources du ministère de la Culture, le gouvernement aurait déboursé près de 900 millions francs CFA pour accompagner les cinéastes, les artistes, les écrivains et les acteurs à ce festival de Ouagadougou. Ceci, hormis la délégation présidentielle qui était attendue à l’ouverture de la 29ème édition du FESPACO, lancée par les deux président Mahamat Idriss Déby Itno et Ibrahim Traoré.
Et, pour justifier cette somme colossale, le Ministère de la Culture a loué un avion (Boeing) pour le transport de la délégation tchadienne. Il se susurre que cet avion aurait été parqué au niveau de la base, Sergent Adji Kosseï de N’Djaména avant le départ. D’autres sources affirment que c’est tout le staff du cabinet dudit ministère qui s’est déplacé à Ouagadougou pour profiter des retombées de ce fonds décaissé par le Trésor public.
En tout cas, avec de telles attitudes et comportements des autorités en charge de la Culture et du patrimoine, comment peut-on espérer que le pays de Toumaï puisse remporter le prestigieux prix du FESPACO, l’Etalon de Yennenga?
Nodjinan Michaël

