Accueil Politique Une Assemblée nationale inerte, Mise en place au sortir des élections couplées du 29 décembre 2024, la 4ème législature peine à prendre ses marques. Ce qui montre à suffisance que, cette institution qui devrait jouer un rôle très important, n’a pas en son sein des personnalités qui ont le gabarit requis, pour constituer un poids devant l’Exécutif.

Une Assemblée nationale inerte, Mise en place au sortir des élections couplées du 29 décembre 2024, la 4ème législature peine à prendre ses marques. Ce qui montre à suffisance que, cette institution qui devrait jouer un rôle très important, n’a pas en son sein des personnalités qui ont le gabarit requis, pour constituer un poids devant l’Exécutif.

Par : admin

C’est une situation qui a été créé sciemment de toutes pièces pour permettre à Mahamat Idriss Deby Itno de gérer tout seul le pays durant son mandat de 5 ans. C’est ainsi que le régime a fait en sorte que les conditions de transparence ne soient pas réunies pendant les élections couplées du 29 décembre 2024. Pour ne pas cautionner le faux, l’opposition démocratique qui a en son sein des cadres compétents et capables de jouer le rôle d’un parlement digne de ce nom, a boycotté ces consultations électorales. Et comme la nature a toujours horreur du vide, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) et ses alliés de circonstance l’ont comblé avec des personnes dont la plupart ne sont pas à la hauteur de la mission à eux confiée. Certains d’entre eux sur lesquels beaucoup espéraient qu’ils allaient relever les défis, sont mis hors jeu. Pour preuve, la composition du bureau de cette institution en dit tout. Le jour de la désignation des membres du bureau, les pronostics allaient en faveur de David Houdeïngar, le « Laouokoura des Laoukoura » du régime qui devrait être désigné président de l’Assemblée Nationale. Mais à la surprise générale, c’est Ali Kolotou Tchaïmi qui a été désigné au perchoir par acclamation. Après cette désignation, il y a eu plusieurs tractations pour que les autres membres du bureau ne soient désignés, suivi de la composition des différentes commissions, ainsi que de la mise sur pied des Groupes parlementaires. Et puis après, c’est un silence de cimetière au parlement. Tout ce qui est audible en ce moment à l’hémicycle, c’est les sirènes du cortège du président de l’Assemblée nationale à son arrivée et à son départ du parlement.
Les responsables justifient cette inertie
Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, on tente de justifier que c’est parce que le Sénat n’est pas encore opérationnel à 100% que les députés ne peuvent pas travailler comme il le faut. Cette excuse tient-elle la route ? Il n’est pas évident. Car bien que ces deux institutions se complètent, chacune d’elles devrait voler de ses propres ailes. Entretemps, bon nombre des plénières qui étaient programmées sont soit reportées ou soit purement et simplement annulées. Le Gouvernement travaille comme si l’Assemblée nationale est en vacances donc il légifère par ordonnance. C’est dire que c’est l’incompétence notoire qui est à l’origine de cette inertie. Il appartient aux dirigeants du bureau exécutif d’avoir recours aux anciens députés qui siègent et connaissent les rouages de l’hémicycle et qui connaissent mieux cette maison de les épauler. Ils sont installés depuis le début de cette année. Ce qui veut dire que l’horloge tourne par rapport aux « mandats que le peuple leur a donné.» Aussi, en ce mois de mai, le Gouvernement de Allah-Maye Halina II aura 100 jours d’existence. Il doit se présenter devant le parlement, pour lui présenter un bilan à mi-parcours de ses réalisations par rapport à son programme. C’est un exercice qu’il faut prendre au sérieux car, lors de cette présentation, Allah-Maye Halina avait fait sienne le projet de société de la campagne du candidat Mahamat Idriss Deby Itno, qui tourne autour de 12 chantiers et 100 actions. Les Tchadiens ont hâte d’écouter sa version des faits afin de la comparer avec la réalité qu’ils vivent sur le terrain. L’on peut soulever un seul aspect : la cherté de vie ainsi que la pénurie du gaz et du carburant de ces derniers temps. Pour ce faire, il faudrait que le fonctionnement de l’Assemblée nationale ait atteint sa vitesse de croisière. Or, avec une institution inerte comme celle-ci, il ne faut pas attendre d’elle des miracles au moment de l’interpellation du Premier Ministre dans les jours à venir. A moins que comme d’habitude, qu’on vienne nous présenter un bilan qui ne reflète pas le quotidien des Tchadiens, mais qui à leur avis est positif..
Mbaïramadji GOLLAR

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